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A PARIS |
LE THEATRE EN FETE |

"Un noyau professionnel constitué au hasard des rencontres de la vie professionnelle de Daniel BERLIOUX, par des acteurs dont les compétences professionnelles et artistiques sont, bien évidemment, appréciées, mais plus rigoureusement encore, (selon lui et au vu de leur curriculum vitae) réunis par des critètres communs d'exigence et de responsabilité en tant qu'artistes- créateurs- inventeurs- critiques et pédagogues...".
"Des ateliers sont mis en route sur plusieurs textes proposés
:soit par un acteur du noyau professionnel, soit par un acteur du noyau
pédagogique, soit par un auteur de LA CENTRALE, soit par Daniel
BERLIOUX. Dans la mesure où tous les acteurs du groupe puisent dans
la même méthode, autant d'individus, autant de possibilités
d'alimenter le travail, autant d'instruments capables de faire fonctionner
les autres.
Dans un premier temps, les acteurs professionnels peuvent
donc intervenir, soit ponctuellement, soit de façon suivie, en fonction
et au gré de leurs activités contractuelles qui demeurent
privilégiées. Ils peuvent intervenir auprès du noyau
pédagogique comme enseignants, partenaires ou leaders d'atelier.
Une fois qu'un texte est passé par un atelier
de recherche, il peut passer au stade de la réalisation. La conviction
des partenaires financiers s'en trouve facilitée, et le temps de
production à venir, écourté, puisque, à ce
stade, toutes les bases de travail ont été testées
et toutes les convictions des partenaires artistiques ont été
éprouvées. Le ciblage du public est, dès lors, plus
facile à définir.".
"A partir de ce moment, seulement, on passe à une
vitesse supérieure avec intensification du travail, et donc du planning,
et donc des exigences d'engagement par contrat, et donc à des salaires.
Mais il est à noter que, en dehors de ces périodes
(courtes et envisagées comme décisives), aucune exclusivité
n'est jamais exigée, chacun étant, au contraire, encouragé
à vivre, intensément et avec gourmandise, tout projet professionnel
extérieur à LA CENTRALE, afin d'y revenir, toujours, avec
de bonnes joues rouges.".
Daniel BERLIOUX rayonne de charisme et d'amour à
travers le regard de ceux qui expriment un simple témoignage. A
la lecture du "ressenti" de chacun, on pressent la vibration subtile et
le rayonnement puissant, magique, de Daniel BERLIOUX. Etonnant !
Rares sont les gens qui peuvent se vanter de faire, à
ce point, l'unanimité dans le coeur de leurs protégés.
Daniel BERLIOUX est assurément un maître.
Daniel BERLIOUX a suivi un parcours artistique original, jalonné de rencontres prestigieuses.
Le Théâtre
Il a débuté sa carrière de comédien,
metteur en scène, directeur d'acteurs, pédagogue, en étant,
paradoxalement, musicien, pensant que le travail d'acteur était
dans la continuité du travail musical. Cette orientation nouvelle
du travail avait un substrat : la lumière.
Parvenu à la mise en scène, il a "prolongé
cette alliance, cet amour de la lumière et des gens, cet éclairage
intérieur-extérieur, cet amour de la vibration des êtres
intérieur-extérieur." (D.BERLIOUX).
En 73, à la sortie du cours Tania BALACHOVA, il
fut projeté sur la scène théâtrale par l'entremise
de deux hommes remarquables : Romain BOUTEILLE au Café de la Gare,
et Claude REGY à CHAILLOT. Il rapporte à ce sujet : "Je ne
suis entré dans un travail d'exclusivité avec aucun d'entre
eux, mais nos relations de travail et d'amitié se sont étendues
sur des années." (D.BERLIOUX).
Daniel BERLIOUX, dès le début de son travail
d'acteur, a toujours affirmé, comme une tendance constante, le refus
de la troupe et la fidèlité dans les relations. Son ambition
aujourd'hui, c'est justement "la constitution d'une troupe, sans l'inconvénient
concentrationnaire d'une troupe, c'est-à-dire l'exclusivité.".
Le Cinéma
Josiane BALASKO lui ouvrit les portes du cinéma
en lui donnant comme partenaires, en 89, dans "L'ex-femme de ma vie", Richard
BERRI, Jane BIRKIN et Thierry L'HERMITTE.
Michael LONSDALE était son professeur au cours
BALACHOVA, Catherine RINGER, sa fiancée. Avec eux et Marcia MORETTO
(Marcia BAILA), il travailla le Théâtre musical et chorégraphique
pendant 10 ans, un retour à ses origines musicales en quelque sorte...
Il rencontra également Serge MAGGIANI au cours
Balachova, avec lequel il pût affiner son travail de metteur en scène.
Un tel parcours, riche de tant de belles rencontres,
aurait dû l'expédier, vite fait, bien fait, parmi les étoiles
du cinéma français, si l'homme n'avait pas été
assez fort pour refuser la gloire trop rapide et son corollaire qui est
bien souvent de se consumer comme un météore, sans laisser
d'effets durables.
Aujourd'hui, fort d'une virtuosité acquise tant
dans l'univers ouaté de LA CENTRALE que "sur le terrain" sous la
lumière des projecteurs, non seulement il réintègre
le cinéma dans son plan de vie, mais, en outre et d'une manière
paradoxale, il défend vigoureusement la pub en exprimant, sur un
ton élogieux, l'opinion suivante : "le fin du fin du plaisir que
j'ai pu trouver devant une caméra, c'est paradoxalement dans la
pub parce qu'on jongle avec quinze intensités en quinze secondes.".
Il faut dire que, s'il affectionne ainsi le cinéma,
c'est pour y avoir été initié par de célèbres
camarades qui illuminent le Septième Art dans son expression française
: Anne BROCHET, Pierre ARDITI et Fabrice LUCHINI.
Daniel BERLIOUX n'est pas pour autant sur le point de
troquer son oeuvre, LA CENTRALE, contre le cinéma, malgré
l'intérêt suscité par les géants précités,
LA CENTRALE étant conçue par lui comme un centre archétypal
"conséquence inéluctable de la poursuite de ma trajectoire
et de la prise en compte du paysage stérile actuel." (D.BERLIOUX).
Stérile, pourquoi ? Parce qu'il estime tout simplement
que toute production artistique doit mûrir.
Daniel BERLIOUX dénonce un certain "mode de productivité
au forcing, comme disent les agronomes" qui est la règle actuellement,
imposée par les magnats du business. Un acteur sortant de LA CENTRALE
doit pouvoir offrir au public une image sublimée, magnifiée
de lui-même pour l'avoir "travaillée" jour après jour
sans relâche.
Pour Daniel BERLIOUX, tout devient prétexte à la recherche, l'expérimentation - même la photogénie - et ces espaces de maturation qu'il crée deviennent autant de laboratoires d'essais, d'études, d'analyses où s'élaborent, par une alchimie dont lui seul détient la clé, de nouveaux talents, de nouvelles productions artistiques.
Déployant une prodigieuse énergie positive, Daniel BERLIOUX oeuvre pour le bien du monde en faisant renaître des émotions oubliées qui ne trouvent plus guère d'occasions de s'exprimer à l'approche du troisième millénaire, des émotions simples comme la joie, le bonheur et le plaisir vrai.
Gina FAIVRE